Le Blog de Patrick Duler, Cuisinier-Paysan

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vendredi 24 juin 2011

Dans le cochon gascon tout est bon

Les délices du cochon sont innombrables et la cuisine au lard de porc noir gascon est une réelle félicité.
Certes, depuis quelques décennies, les oukases diététiciennes nous la déconseillent au profit des huiles végétales tandis que l’industrie agroalimentaire n’a de cesse de nous vanter ses produits beurriers et autres crèmes fraîches ... Et les diététiciens n'ont pas tort.
Le lard du porc industriel élevé en batterie (dans la promiscuité d'une véritable prison) ne donne que du mauvais gras. A l'opposé le porc noir qui vit sa vraie vie de cochon, de prairies en sous bois, nous remercie en nous fournissant un bon gras, riche en oméga 3 et 6 et acides gras insaturés (bon cholestérol). Mais surtout, et peut être avant tout, il nous procure le plaisir indicible d'une saveur incomparable. Nourrir sainement notre corps en se faisant plaisir, c'est une philosophie, simpliste diront certains, qui me convient bien. Légumes, viandes, poissons, tous les aliments peuvent s’accoquiner au lard de porc noir gascon pourvu que votre inventivité culinaire s’en mêle.Par exemple, hier, mes amis m'ont ramené en direct de Bretagne une magnifique lotte fraiche, regardez ce que ça a donné en images : Lotte de Bretagne au vermicelle de lard .
C'est dommage que je ne puisse pas vous faire goûter en ligne, car les mots manquent pour définir toute la saveur de cette chair ferme et fondante à la fois, mêlée aux parfums subtils d'un lard vieux affiné près d'un an.

D’une gourmandise coupable mais exquise, le croque monsieur de lard, tout chaud, agrémenté ou pas d'une lamelle de truffe entre deux tranches de bon pain aillé vous transportera de bonheur. Faites en votre petit secret.

jeudi 23 juin 2011

La grenouille dans l'eau tiède

Vous connaissez l’histoire ? Vous mettez une grenouille dans l’eau froide. Elle se régale. Vous chauffez l’eau, tout doucement bien sûr. Elle la trouve un peu chaude, mais cela lui convient. Plus vous chauffez, plus elle a chaud et se ramollit, jusqu'au moment où elle n'a plus la force de sauter. En revanche, si plouf, elle était tombée dans de l’eau chaude, elle aurait de suite sauté hors de l’eau.

Pour notre alimentation, nous sommes les grenouilles dans l’eau tiède. Depuis plus de 50 ans, année après année la qualité se détériore. Les produits agricoles sont en phase d'involution et ne sont plus capables de nous fournir une nourriture saine. Et pour goûter aux plaisirs gastronomiques, il faut passer par une multitude d'artifices technologiques ou chimiques, d'ailleurs les cuisines s'appellent maintenant des laboratoires.

Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les pratiques de l’agriculture intensive, par une dérive technologique chronique, appauvrissent de plus en plus les fruits, légumes et viandes en nutriments et vitamines. Si les produits sont moins bons, c’est qu’ils sont « mal élevés » : hybridation, engrais, herbicides, fongicides, pesticides, régulateurs de croissance, j’en passe et des meilleures. Et pour les animaux, c'est la même punition : antibiotiques, farines OGM, ensilage, ... .

Comme ces produits n’ont plus de goût, l’industrie agroalimentaire est obligée de rajouter des conservateurs, des exhausteurs de goût, des édulcorants, des arômes artificiels, et des colorants. Sommes nous dans l'eau tiède ? Ou bien l'eau est elle déjà trop chaude ?

Pour ma part, j'ai sauté avant, et je traque tous ces additifs qui ne sont que des pis-allers. Gustativement, je me promène maintenant dans une palette aromatique d'un autre temps qui, malheureusement, a quasiment disparu.

dimanche 19 juin 2011

Les additifs ? ...c'est canon !

Pourquoi je n’utilise pas de salpêtre ni de sel nitrité ? Pourtant ces deux additifs sont présentés comme indispensables à la réussite des jambons et salaisons.
Un peu d’histoire :
Le salpêtre (du latin médiéval salpetrae, littéralement : sel de pierre ) ou nitre est le nitrate de potassium. Sa formule chimique est KNO3. On appelle aussi salpêtre le résultat de la perte de l'eau de cristallisation de ce sel donnant une couche pulvérulente blanchâtre se formant sur les vieux murs humides. On le récolte en grattant des pierres ou des briques situées dans des lieux sombres, comme les caves. Autrefois, on utilisait le salpêtre mélangé à du soufre et du charbon de bois pour fabriquer … de la poudre à canon !
En plus d’entrer dans la composition d’un puissant explosif, il est hautement toxique.
Des produits hautement toxiques
L’excès de nitrites est en effet l’un des facteurs responsables des cancers des voies digestives.
En charcuterie, on connaît le salpêtre sous le nom de E252 : cet additif réagit et produit du nitrite puis du monoxyde d’azote qui transforme la myoglobine rouge en un colorant rose qui donne la couleur typique du jambon et des saucissons industriels.
Le salpêtre est hautement toxique et les nitrites sont des produits chimiques tellement dangereux lorsqu’ils sont mal dosés, qu’on a préféré enlever au charcutier la responsabilité de les employer pur… Afin d’éviter tout accident, on les leur livre donc mélangés à du sel à 0.6 % sous forme de sel nitrité appelé aussi « sel à rougir ».
Alors pourquoi continue-t-on à s’en servir dans l’alimentaire, et même dans les règlementations bio (sauf en Belgique et en Allemagne) ?
Parce que c’est plus facile et que le consommateur s’est habitué à la couleur bien rosée de la viande de porc, si appétissante !
Nous ne sommes pas tombés dans cette facilité, nous ne mettons dans nos salaisons que du sel naturel de l’Atlantique non raffiné, et des épices. Il est tout à fait possible de fabriquer des jambons et saucissons sans additifs, avec un affinage lent, un respect des process de fabrication et une surveillance attentive.
C’est plus long, plus coûteux, plus délicat de réalisation. Mais nous restons conformes à notre démarche, depuis plus de 20 ans maintenant.

Juste nous, ... et Just Fontaine

Cela va en « bader » (comme disent les méridionaux) beaucoup mais Pascale & moi-même avons fait déguster notre jambon à Just Fontaine.
Rien moins que le recordman de buts inscrits en phase finale de Coupe du Monde de foot. Treize buts en tout, c'était en Suède, en 1958 (pour les plus jeunes). La simplicité et l'humanisme de ce champion nous ont impressionnés. Son ami Gérard Garcia des halles Victor Hugo de Toulouse a apprécié notre jambon qui voisinera bientôt avec les magnifiques Bellota espagnols qu’il propose à sa clientèle.
Jambon.jpg

samedi 18 juin 2011

Soupe de fraises aux fleurs de sureau sauvage

Dans cette recette très simple et savoureuse, j’associe les fraises aux fleurs printanières du sureau, cet arbuste des « terrains incultes ».

Ingrédients :
250g de fraises
1 orange pressée
50g de fructose (ou 70 g de sucre)
Les capitules de 4 fleurs de sureau

Coupez les fraises en 4, et mélangez avec l’orange pressée et le fructose, puis parsemez des capitules légèrement émiettés et régalez vous.

On peut remplacer le sureau par de la menthe fraiche, du thym citron, …

Ramène tes fraises !

Douce matinée de juin, babillage des oiseaux cachés dans les nouvelles feuilles au vert tendre, glouglou effréné de la source généreuse après les pluies de juin… douceur de vivre.
Camille, 5 ans me prend par la main et m’emmène toute excitée au potager.
Pour les enfants, comme pour les parents, le temps des fraises est magique. C’est la première note rouge au jardin après l’hiver, c’est la première note sucrée et gourmande qui fait saliver, c’est le premier petit fruit juteux et parfumé à souhait, bref c’est un moment clé dans la vie de notre potager et de notre cuisine.
Ces petites perles rouges, riche en vitamines se cachent chez nous entre salades et poireaux.
Dans notre potager bio-diversifié, nous les mélangeons à des alliacés, ail et poireaux afin de limiter la multiplication des maladies fongiques et l’invasion des limaces, assurant ainsi une protection naturelle.
Peu caloriques (seulement 35 kcal/100 g), rafraîchissantes et riches en vitamines C, les fraises prennent la relève des agrumes pour stimuler nos défenses immunitaires.
Chez nous, Garriguette ou Mara des bois, toutes les variétés sont validées par l’appétit féroce de notre fille qui fait une orgie de fraises sans passer par la case nettoyage. D’ailleurs, il n’y a pas besoin de les laver, elle n’ont reçu aucun traitement si ce n’est celui naturel de l’eau de pluie et sont sur paillage de BRF (bois raméaux fragmentés) ; par conséquent elles ne sont pas en contact direct avec la terre.
Donc les premiers jours, il n’est pas question de ramener une fraise dans le panier !
Mais voici deux recettes que nous faisons au restaurant, dès la deuxième semaine, quand la récolte …ou plutôt Camille le permet.
Fraisier à la Cardamome et Soupe de fraises aux fleurs de sureau sauvage

Issu de ma chronique parue dans Terre Sauvage mai 2011

mardi 14 juin 2011

La maison de la truffe et des vers de terre

Hier , nouvelle rencontre avec Konrad Shreber et une leçon supplémentaire sur la vie du sol et cette maison souterraine sur laquelle nous marchons et dont nous ne voyons que le toit.

Savez-vous que la biomasse des animaux vivant SOUS la surface du sol est supérieure à celle de ceux vivant au dessus de la surface ? Avec la dérive technologique des 60 dernières années, on retourne leurs immeubles, on casse leurs maisons, on les gaze, ...

Or, les plantes qui elles, ont les pieds non pas sur terre comme nous, mais dans la terre, ont absolument besoin de ces associés souterrains que sont les vers de terre, champignons mycorhiziens, bactéries et autres collemboles. Ceci est maintenant clairement établi par des études scientifiques et validé par des expérimentations de terrain.

Pour ma part, c'est grâce à la truffe que j'ai découvert tout ceci. En effet, à force de me poser des questions sans réponse sur le chêne et la truffe, il m'a fallu près de dix ans pour comprendre que la truffe vivait dans le sol et le chêne truffier n'était qu'un élément parmi les innombrables autres associés qu'elle côtoie chaque jour.

D'ailleurs, quand je ramasse de belles truffes, il y a toujours un vers de terre à proximité.
Truffe et vers de terre

Alors, arrêtez le motoculteur, la charrue, ... Et dans votre potager essayez les bois raméaux fragmentés, le semis direct, le compostage de surface ... Vous verrez, ça marche.

lundi 13 juin 2011

Un biologiste en visite

C'est toujours intéressant de dialoguer avec un scientifique.
Encore plus quand celui-ci est biologiste, épicurien et amateur de jambon. Qui plus est, quand il découvre avec vous qu'on peut manger du jambon sans nitrite ou salpêtre.
Et oui, nous avons réussi à surprendre ce laborantin.
Et même il renforce notre discours sur les additifs : dans toutes les conserves, tous les produits de consommation courante, toutes les charcuteries.... il y a maintenant des nitrites !
On les traque dans l'eau, mais dans la nourriture personne n'en parle, on en ingurgite tous les jours en quantité et on ne dit rien.
Ne serions-nous pas tombé sur la tête ?

jeudi 9 juin 2011

Nommés aux Trophées de l'Écologie

Reconnaissance pour notre engagement écologique dans le plaisir gastronomique, et petit moment de fierté.
Nous sommes parmi les trois établissements nommés pour Les Trophées de l’Écologie.
Remise des prix le 20 juin au Buddha Bar Paris avec un jury prestigieux : Nicolas Vanier, Marc Veyrat, Maud Fontenoy, Stéphane Bern, Guillaume Durand, ... A suivre.
Les Trophées de l’Écologie

jeudi 21 avril 2011

Asperges vertes et salades folles pour les beaux jours

Voici venu le temps des asperges, quelle réjouissance ! La saison est brève, il ne faut pas la manquer. J’ai une grande tendresse pour la verte. Aussi éphémère que délicieuse, la belle n’attend pas, avec elle, c’est « sitôt cueillie sitôt préparée ».

Je la capture à la rosée du petit matin dès que, peu après avoir pointé ses savoureux bourgeons hors du sol, elle a atteint la bonne taille et avant qu’elle ne blanchisse à la lumière. Je la fais cuire dans la journée et la sert tiède, ou froide, lui offrant la compagnie d’une sauce mousseline aux fines herbes du jardin. Elle convole aussi parfois joliment avec les copeaux de ma longe de porc noir gascon au piment d’Espelette. Une fois dégustée, je n’attends qu’une chose, la prochaine cueillette matinale. Chicorées, pissenlits, plantain, roquette, laitues, échalote, respounchous, épinards, ail sauvage, mais aussi fleurs et bourgeons floraux ne vous évoquent rien ? Allez, un petit effort, à l’approche des beaux jours !

Je vous y aiderai quand vous viendrez visiter mon potager et découvrir toutes ces plantes vertueuses qui y poussent en harmonie. En mélangeant ces jeunes pousses croquantes selon votre guise et votre fantaisie, vous saurez créer vous-même, comme je le fais en cuisine, une farandole de salades qui surprendra et ravira vos convives à l’occasion des repas ensoleillés qui se profilent. Et, pour les non végétariens, rien n’empêche d’y glisser quelques lardons de poitrine frits issus de mes salaisons sans salpêtre ni sel nitrité.
asperges.jpg

mercredi 20 avril 2011

Vive les saveurs et l’énergie !

Chaque année, désormais, j’installe un germoir dans la cuisine de mon restaurant. (J’y veille aussi au développement des plants de jeunes pousses qui seront repiqués dans le potager). Si je trouve bonheur à cultiver en permanence les graines germées, c’est qu’elles agrémenteront au quotidien les plats que je propose à votre gourmandise.

Je les espère comme des étoiles éclairant le voyage gastronomique que vous aurez choisi que nous partagions.

Ces graines germées ont, en effet, deux vertus formidables :

Leur qualité gustative et la variété des saveurs qu’elles offrent sont incomparables. Parmi elles, on retrouve des légumineuses (luzerne, fenugrec, lentille, …), des céréales (blé, avoine, seigle …), des oléagineux (tournesol, sésame…) ou des légumes (radis, navet, fenouil, poireau, …) et j’en oublie … Chacune d’elles ayant sa spécificité qu’il convient d’assortir avec pertinence au mets préparé : crue, en accompagnement, ou bien dans une préparation chaude comme ma purée de carottes aux graines germées de fenugrec.

Par ailleurs, ces graines germées constituent une source d’énergie insoupçonnée. Chacune d’entre-elles, une fois germée, multiplie, en effet, par plusieurs centaines, son taux d’éléments nutritifs. Tout en régalant vos papilles, vous ferez ainsi le plein de vitamines, de minéraux et d’oligo-éléments.

What else? Oserais-je dire.
graines-germees1.JPG

mardi 19 avril 2011

Puiser dans nos racines, pour une cuisine mémorable.

La cuisine ne perd pas la mémoire, elle l’accompagne, la vivifie et la régénère, sans cesse, génération après génération. Des grimoires de nos grands-mères à leurs recueils de recettes, parfois annotés de si touchante façon, à nos souvenirs d’enfants se régalant des produits sitôt récoltés sitôt mijotés, beaucoup de ma recherche gastronomique doit aux histoires culinaires intimes qu’il est bon de partager.

Mon ambition, est de sublimer la tradition et les atavismes en y apportant une imagination et une sensibilité d’aujourd’hui. Ainsi, je cultive mon potager, naturellement, à la lumière de pratiques ancestrales que l’exigence de produits sains a ré-actualisé. Dans le respect des cycles naturels, des éco-systèmes et de la biodiversité, je n’enrichis mon jardin que de compost maison, sans retourner la terre, laissant croître plantes et légumes au rythme de la nature. Elle me le rend bien, m’offrant des produits sains et gorgés de saveurs qui signent mes préparations culinaires.

De la même façon, je cuisine avec à l’esprit le goût intemporel de la bonne chère et de la tradition en y adjoignant tout ce que les savoir-faire contemporains m’aident à découvrir pour des aventures culinaires et gustatives inédites.

lundi 7 mars 2011

L'Arôme en toc…

J’aime l’arôme mais je n’utilise pourtant jamais « les arômes ». Ils ont pris une place disproportionnée dans l’alimentation, parce que l’arôme synthétique est bizarrement devenu l’un des premiers critères dans l’appréciation d’un produit. Effectivement, c'est ce qui ressort le plus, et je ne parle pas des « exhausteurs de goûts »…
Regardez la vanille : il suffit d’avoir goûté une fois une véritable gousse de vanille pour porter un autre regard sur les « arômes » de vanille. La confusion est entretenue par l’appellation « arôme naturel ». En fait, le qualificatif « naturel » ne signifie qu’une chose : la substance concernée contient de la « vanilline », qui n’est qu’un composant aromatique de la vanille, parmi plusieurs centaines d’autres. La règlementation européenne considère cinq familles d’arômes : naturels, identiques naturels (c’est-à-dire issus d’un autre produit), artificiels (chimiques), de transformation (imitation de la cuisson par exemple) et de fumée (comme la fameuse odeur « barbecue »).
Dans tous les cas, on doit se rappeler que l’odeur ne nourrit pas son homme et ne fait pas l’aliment. Voilà qui permet de lire autrement les flatteuses étiquettes qui portent la mention « aromatisé à… », et d'apprécier ce que je vous ferai goûter!
photo truquée truffe

samedi 5 mars 2011

Quand la meilleure note est zéro !

Enfin ça y est. Nous avons lancé la construction d’un vaste bâtiment, entièrement fait de bois, sur les hauteurs du domaine. Son rôle sera à la fois de produire environ la moitié de notre énergie électrique grâce aux 235 m² de panneaux solaires qui seront installés sur son toit et de conserver dans des conditions idéales nos récoltes de céréales, ou encore le bois qui alimente notre système de chauffage.
Alors quoi ? Si je parle de ce bâtiment, c’est parce qu’il nous permet de démontrer davantage notre engagement dans l’écotourisme. Déjà, l’exploitation de 70 hectares en agriculture biologique AB et en biodynamie, la création d’une piscine à l’eau de source sans chlore, l’installation d’un puits provençal ou du chauffage au bois nous ont permis d’obtenir le label « Clé Verte ».
Cette nouvelle étape nous amène tout près d’un bilan carbone de zéro. Venez voir pourquoi « zéro » peut être la meilleure note.
photovoltaiques chevaux

mardi 1 mars 2011

Demi-deuil mais plaisir entier

Je dois remercier Carl von Linné. Au XVIIIème siècle, ce naturaliste suédois nous a notamment apporté le terme « demi-deuil ». Au départ, il a choisi l’expression pour désigner un papillon noir et blanc (l’Arge galathée, ou Melanargia galathea). Plus tard, les robes grises à pois blancs furent qualifiées de « robes demi-deuil».
En cuisine – on y arrive – on commença à parler de « poularde demi-deuil » au XIXème siècle, la truffe glissée sous la peau de la volaille, jouant le rôle du noir. Essayez ma recette des « Pommes de terre demi-deuil », significative de cette simplicité savoureuse que j'affectionne..
demi deuil

dimanche 27 février 2011

Un paysagiste génial

La truffe est invisible parce qu’elle loge sous terre, mais elle « marque » son territoire, et c'est elle qui façonne son paysage. Les terrains où elle se développe, sont reconnaissables entre tous. Il faut scruter le paysage pour découvrir son jardin.. La main de l’homme est une condition nécessaire, mais pas suffisante. La truffe a besoin d'alliés « sur le plancher des vaches » . Ainsi les ovins ou les chevaux font le « ménage », en débarrassant le terrain de la broussaille et les arbres de leurs excès de ramure. En faisant cela, ils lui garantissent la lumière. Et c’est eux, aussi, qui nourrissent la terre où elle aime grandir. Le premier rôle de l’homme consiste en fait à les aider à faire ce travail. Mais la truffe a également d’autres précieux complices dans le sous-sol : les vers de terre, qui passent leur temps à aérer sa demeure.
En toute logique, la truffe fuit les terrains où tout cela se passe « à l’envers » : mécanisation à outrance, engrais chimique, pesticides, aucune présence animale, etc.
Lorsque chacun fait son ouvrage, la truffe appose enfin son « sceau » : c'est le « brûlé », ce rond au pied des arbres, sans herbe. Là, on peut se dire : nous sommes chez elle. Attention ! Cela ne signifie pas qu’elle est là, mais elle peut arriver à tout moment ... selon son désir. Voilà plus de 20 ans que nous l’observons et que nous essayons de l'apprivoiser sur nos truffières. Nous vous invitons à faire cette expérience unique : une visite guidée de ses appartements.
arbre truffier

samedi 26 février 2011

Truffe toi-même !

Evidemment, il y a plusieurs façons d’interpréter cette exclamation. Commençons par la version la plus désobligeante, car le sens « péjoratif » du mot est en fait un très beau résumé de l’histoire de la truffe. En France, on lui a collé cette étiquette à la fin du XIXème siècle. C'est-à-dire lorsque la production était à son apogée et dépassait 1 000 tonnes par an. Pourquoi ? Justement parce qu’on en trouvait à foison, ce qui tendait à la dévaloriser. Puisqu’il y en avait beaucoup, on finissait par la considérer comme un aliment des périodes de disette, voire comme une nourriture pour cochons. C’est injuste, mais cette mésaventure n’est pas éloignée de celle du mot « patate », censé lui aussi désigner une personne un peu niaise. Aujourd’hui, la production française n’est plus que d’une trentaine de tonnes et la truffe n’usurpe pas l’appellation de « diamant noir ». Pourtant, le mot conserve encore pour certains sa connotation péjorative. Pour ma part, j’ai réuni ces deux héros du sous-sol dans un plat que j’appelle « pommes de terre demi deuil». Cela devrait finir de vous convaincre que « truffe » n’est pas une insulte…
Freya

mercredi 16 février 2011

Hercule ... Poireau

Est ce qu'Agatha Christie pensait aux vertus énergétiques du poireau en donnant son nom au héros (Hercule Poirot) de ses romans? Redécouvrez le poireau, au niveau gustatif et sur le plan diététique. Il a effectivement tous les atouts pour vous donner une santé "herculéenne" grâce à sa richesse en principes actifs indispensables à la santé. Et nous en avons encore plein le potager. La partie verte finement ciselée et ajoutée crue dans un bouillon au moment de servir apporte croquant et saveur alliacée . J’aime aussi préparer les blancs de poireaux braisés avec du lard de porc noir gascon, que je parsème de brisures de truffes fraîches... Non vraiment, rien n’est plus délicieux qu’un légume de saison, et quel plaisir de redécouvrir toutes ces saveurs chaque année...

Citrouilles : prenez-en de la graine

Allez, je vous donne une petite astuce. En cette saison, vous allez déguster les belles citrouilles que vous avez mises à l’abri.
Et bien pensez à conserver précieusement leurs graines. Vous pourrez ainsi les ressemer l’an prochain, ou tout simplement les déguster… Pour cela, il vous suffit de les laver soigneusement, puis de les passer au four pour les griller doucement une trentaine de minutes et dégustez à l'apéritif avec ou sans sel !
Faites des essais et tirez-en les conclusions : certaines variétés offrent des graines que l'on peut consommer telles quelles, d'autres doivent être débarrassées de leur coque, à l'instar des fameuses "pipas" espagnoles (graines de tournesol) ou des pistaches.

Bonne dégustation!

dimanche 13 février 2011

Chasse aux truffes le temps d’un week-end !

Vous avez eu froid la semaine dernière ? Les truffes aussi. La terre restait gelée, même en plein midi. Quel spleen pour le trufficulteur que je suis et pour ses chiens… Ils sentaient la truffe fraîche, bien mûre, emprisonnée sous la terre gelée qu’ils ne parvenaient pas à gratter… Heureusement, le temps s’est radouci et nous avons pu recommencer à caver. Et là, sous ce sol qui semblait mort quelques heures avant, quel plaisir de trouver la vie ! Les truffes sont là, les vers de terre circulent tranquillement autour. Quelle satisfaction de voir que la philosophie de notre travail dans les truffières fonctionne, ce sol est vivant et il résiste aux aléas du climat. Venez partager les émotions de la chasse à la truffe et le plaisir de sa dégustation le temps d'un week-end truffe avec moi.

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